Les conséquences d’une hausse des taux

de | 8 mai 2010

On peut reprocher bien des choses aux agences de notation (le fait qu’elles soient rémunérées par les clients qu’elles sont chargées de noter notamment), mais pas de  ne pas pointer du doigt les difficultés qu’elles anticipent.

C’est le cas par exemple pour les élections en Grande Bretagne qui, pour l’agence de notation Moody’s, ne remettent pas en cause « actuellement » la note AAA. C’est le cas également pour l’Italie où la note A2A n’est pas remise en cause « sauf si les taux devaient significativement remonter ». Cela en effet aura un impact plus important pour l’Italie du fait de son important endettement (un des plus forts du monde  à près de 120% du PIB en 2010).

Mais pourquoi s’intéresser autant aux notes des agences de notation ? Parce que c’est sur leurs recommandations que sont fixés les taux auxquels les États empruntent. Une dégradation de la note d’un État entraîne de fait une augmentation de la rémunération qu’il devra donner pour trouver de l’argent sur les marchés.

Mais où l’affaire se corse c’est que la hausse des taux d’intérêt, que l’on peut assez facilement prévoir, va avoir des impacts terribles sur l’ensemble des actifs, tous les actifs :

1/Les obligations, la valeur d’une obligation est principalement influencée par le niveau des taux d’intérêt, s’ils montent la valeur des obligations plus anciennes diminue (une obligation nouvellement émise qui rapportera 8% par an sera plus intéressante qu’une plus ancienne qui rapportait 5%).

Les obligations anciennes vont donc perdre de leur valeur, c’est le risque de krach obligataire.

2/L’immobilier, son rendement doit être supérieur à celui des obligations d’État, sinon on ne s’embêterait pas avec des locataires…Le rendement d’un bien immobilier, c’est le montant des loyers annuels (auquel on ajoute éventuellement  la variation du prix du bien immobilier entre le début et la fin de l’année) que l’on rapporte à la valeur du bien à la fin de l’année.

Si le rendement des obligations augmente, le rendement de l’immobilier doit également augmenter, si les loyers n’augmentent pas, c’est la valeur de l’immobilier qui baisse.

3/Les actions, l’augmentation des taux d’intérêts fait que les entreprises ont plus de mal à emprunter pour financer leur croissance externe et pour financer leur besoins ponctuels en trésorerie. La croissance devient plus difficile, ce qui entraîne la baisse de la rémunération des actionnaires.

Si les taux augmentent, les entreprises sont moins rentables et leur valeur baisse.

En conclusion, vers quels investissements s’orienter ?

Les actions sont la classe d’actifs la moins exposée à une augmentation des taux et doivent être privilégiées. Il faut plus particulièrement s’intéresser aux entreprises les plus capitalistiques et les plus rentables. Il faut se tenir à l’écart des obligations et plus particulièrement celles des Etats les plus endettés.

Mais ce scénario  d’une hausse des taux doit être mis en face d’un retour modéré de l’inflation, c’est la thèse avancée en février 2010 par Olivier BLANCHARD, chef économiste au FMI.

Alors pour plus d’infos, n’hésitez pas à consulter votre CGPI favori…

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